Sarah Huou

Photo du 08-03-2016 à 12.31
Sarah Huou

             Professeur certifié de Lettres modernes et titulaire d’un DEA sur la Poétique du corps chez Albert Camus, mémoire publié dans la revue Linea, j’ai consacré dix années à l’enseignement au sein d’établissements très différents, ma carrière m’ayant menée de Mantes-la-jolie à Passy, en somme de la banlieue défavorisée aux quartiers privilégiés de Paris. Responsable essentiellement de classes de lycée, je fus à ce titre membre du jury de bac, pour les épreuves orales et écrites de français.

Mais ces années furent avant tout pour moi l’occasion de partager ma passion de la lecture et de l’écriture. Aussi, ai-je rapidement souhaité mettre en place des ateliers d’écriture, et quitter le rôle traditionnel de l’enseignant censé évaluer, noter, sanctionner. Il s’agissait de faire comprendre à mes élèves que, loin d’être un instrument de domination, la littérature est avant tout le moyen d’une libération. Finie l’angoisse du hors-sujet et de la faute de syntaxe. Un seul objectif : trouver le chemin de sa propre écriture, croire qu’il est encore possible, malgré les monstres classiques intimidant nos plumes, de créer, d’innover, et de se régaler. Je souhaitais que mes élèves aient conscience que la littérature était au coeur de chacun d’entre eux et je crois pouvoir dire que le pari a été relevé. Aujourd’hui, ces anciens élèves devenus adultes, toujours animés par le désir d’écrire et d’être lus, m’envoient leurs récits et poursuivent ainsi à leur façon les premiers ateliers que nous avions mis en place ensemble.

          Ce plaisir partagé autour des mots m’a peu à peu amenée à quitter l’enseignement traditionnel pour devenir professeur indépendant et me consacrer davantage à l’écriture. Une formation d’un an au Centre d’Écriture et de Communication de Paris animée par Jean-Pierre Colignon, chef correcteur du journal le Monde, Annick Valade, chef correctrice chez Larousse, et par des auteurs tels que Jacques Barbaut ou Elisabeth Rocher, n’a pu que confirmer mon goût pour la richesse de notre langue et mon plaisir à me perdre dans les mots – les miens et ceux des autres.